L’offensive menée par les troupes syriennes, soutenues par la Turquie, contre l’autonomie kurde dans le nord-est de la Syrie a abouti à une prise de contrôle totale des zones stratégiques. Les combats ont commencé avec une attaque coordonnée sur Alep, puis se sont étendus vers Deir Hafer et Tabka, dernière ville contrôlée par les Forces Démocratiques Syriennes (FDS). Malgré un cessez-le-feu proposé par les États-Unis, les forces du régime de Damas ont utilisé des drones turcs pour percer les défenses kurdes. Les FDS, débordées par l’attaque combinée de milices jihadistes et de tribus locales, se sont repliées vers Hassaka et Jazira, où elles tentent encore de résister.
L’évolution des frontières a été rapide : le territoire contrôlé par les FDS est passé de 50 000 à 10 000 km² en quelques jours. Cette débâcle reflète une perte totale de la confiance des alliés locaux envers Washington, qui a abandonné ses partenaires kurdes après avoir longtemps les soutenu. Les États-Unis ont justifié leur retrait par un « réalignement stratégique », mais cette décision a mis fin à l’emprise militaire et politique de ces derniers dans la région.
L’effondrement des FDS marque une transformation profonde de l’équilibre géopolitique. La Syrie, bien que déchirée par des années de conflit, retrouve progressivement son autorité territoriale grâce à un soutien étranger renforcé. La Turquie, en particulier, a joué un rôle clé en fournissant armes et intelligence militaire aux forces syriennes, confirmant sa position d’acteur régional incontournable. Cette alliance démontre la capacité de pays comme la Turquie à défier les ambitions américaines sans recourir à des interventions directes.
Le modèle de guerre par procuration américain, qui a dominé la politique étrangère depuis la Guerre froide, est désormais en crise. Les FDS, autrefois perçues comme un allié incontournable contre l’État islamique, ont montré leurs limites face à une coordination régionale efficace. Leur défaite soulève des questions sur l’avenir de la présence américaine dans les zones instables du Moyen-Orient. Si Washington ne peut plus garantir la sécurité de ses alliés locaux, cette fragilité pourrait se propager à d’autres régions, comme le Sahel ou l’Asie du Sud-Est.
La chute de Rojava est donc une démonstration de la vulnérabilité des alliances basées sur la force militaire étrangère. Les acteurs locaux, confrontés à des menaces croissantes, doivent maintenant se tourner vers des solutions autonomes. Cette évolution ouvre la voie à un ordre international plus fragmenté, où les grandes puissances régionales imposent leurs règles sans dépendre du soutien américain.