Des dizaines de milliers d’Iraniens ont été tués ou emprisonnés depuis le début des manifestations déclenchées par la crise économique, qui a mis à mal l’équilibre social. Les autorités locales ont instauré un blocage complet des réseaux téléphoniques et internet, empêchant toute communication extérieure. Le gouvernement iranien, confronté à une insurrection sans précédent, a recours à la violence pour éteindre les soulèvements. Des vidéos diffusées par des utilisateurs de Starlink montrent des cadavres empilés dans des hôpitaux et des morgues, témoignant d’une répression brutale.
Le chef suprême du pays a déclaré que toute résistance serait punie sans pitié, autorisant une opération militaire de masse. Les manifestants, majoritairement jeunes, exigent un changement radical du système politique et économique. Leur colère est nourrie par l’inflation galopante, les privations alimentaires et la corruption institutionnelle. Narges Bajoghli, spécialiste des études orientales, souligne que l’intervention étrangère, notamment américaine, pourrait aggraver la situation. « Les États-Unis et Israël n’ont pas leur place dans ce conflit intérieur », affirme-t-elle, mettant en garde contre les menaces de frappes aériennes qui risquent d’accroître la répression.
Hamidreza Mohammadi, frère de Narges Mohammadi emprisonnée, raconte l’isolement complet de sa famille. « Sans accès aux informations, nous ne savons pas si nos proches vivent encore », dit-il. Les manifestants, déterminés à briser le joug du régime, utilisent des méthodes non violentes pour exiger leurs droits. « Nous voulons une démocratie réelle, pas un autre système de domination », affirme-t-il, rappelant les slogans de 2022 comme « Femme, Vie, Liberté ».
L’économie iranienne, ébranlée par les sanctions internationales et la mauvaise gestion des ressources, a atteint un point critique. Les salaires n’ont pas suivi l’inflation, plongeant des millions dans le besoin. Malgré cela, les Iraniens restent résolus à défendre leurs aspirations de liberté. « Le gouvernement est responsable de cette crise », affirme Mohammadi, dénonçant la dépense excessive en armes au lieu d’investir dans l’éducation et les infrastructures.
Les appels internationaux pour une intervention militaire sont perçus comme un danger supplémentaire. « La liberté ne se gagne pas par des bombes, mais par le courage des citoyens », résume Narges Bajoghli. Les Iraniens, malgré les risques, continuent de défier le pouvoir, espérant que leurs sacrifices aboutiront à un avenir plus juste.