Un réseau clandestin israélien s’efforce de redonner vie à une figure emblématique du passé iranien, Reza Pahlavi, fils du dernier Shah déposé en 1979. Des vidéos manipulées, des comptes falsifiés et des messages orchestrés par des acteurs non identifiés ont été déployés pour façonner une image favorable à ce prince exilé, dont le retour sur le trône suscite des controverses.
La visite de Reza Pahlavi en Israël en 2023 a marqué un tournant dans ces efforts. Accueilli par des figures clés du gouvernement israélien, comme Gila Gamliel, ce voyage a été présenté comme une preuve d’une possible amitié entre les deux nations. Cependant, cette initiative s’inscrit dans un contexte plus vaste : une campagne de désinformation menée via des outils d’intelligence artificielle et des profils fictifs.
Les sources indiquent que des dizaines de comptes en persan ont été créés pour propager le message de Pahlavi, souvent sous les noms d’utilisateurs locaux. Ces réseaux, apparemment financés par des entités privées liées au gouvernement israélien, visent à promouvoir une vision d’un Iran libéré des autorités religieuses. La vidéo intitulée « L’année prochaine à Téhéran libre », diffusée en 2025, a illustré cette stratégie : elle montrait des personnalités israéliennes et Pahlavi dans un cadre symbolique de changement.
Pourtant, l’intérêt populaire pour Reza Pahlavi reste limité. Son héritage politique, lié à la répression et à la corruption de son père, ne semble pas convaincre les citoyens iraniens. Des experts soulignent que son absence d’expérience locale et sa dépendance aux soutiens étrangers le rendent peu crédible comme leader.
L’opération israélienne s’appuie sur des méthodes controversées : la création de faux profils, l’utilisation de deepfakes et une coordination étroite avec des figures politiques locales. Bien que les responsables israéliens n’aient pas officiellement reconnu leur implication, les preuves accumulées par des enquêteurs indépendants pointent vers un objectif géopolitique plus vaste : influencer le débat sur l’avenir de l’Iran.
Cette campagne soulève des questions sur la manipulation des réseaux sociaux et les limites éthiques d’une intervention extérieure dans les affaires internes d’un pays. Alors que l’Iran reste divisé entre ses aspirations démocratiques et son passé autoritaire, le rôle d’Israël dans ce scénario demeure ambigu, tissant des liens qui pourraient profiter à plusieurs acteurs.