L’escalade des tensions entre factions rivales au Yémen a atteint un point critique, avec une prise de contrôle contestée par le Conseil de transition du Sud (CTS), soutenu par les Émirats arabes unis, dans deux régions stratégiques. Cette situation reflète l’influence croissante d’acteurs étrangers dans un conflit qui a déjà entraîné des souffrances massives.
Le CTS, groupe armé pro-séparatiste, a déclaré avoir assimilé les gouvernorats de Hadhramaut et al Mahrah, deux zones historiquement calmes. Cette avancée s’inscrit dans un contexte de rivalité entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, qui se disputent le rôle dominant au sein de la coalition militaire contre Ansar Allah. Le gouvernement internationallement reconnu (GIR), soutenu par Riyad, perd progressivement son influence, tandis que les forces émiraties renforcent leur présence dans des régions clés.
Hadhramaut, riche en ressources pétrolières et historiquement marqué par des liens étroits avec l’Arabie saoudite, est devenu un foyer de tensions. Les Émirats ont soutenu le CTS pour accroître leur influence, tandis que les Saoudiens tentent de restaurer la stabilité. Cette lutte a exacerbé des divisions internes, avec des groupes locaux accusés de violences et d’exploitation économique.
L’histoire récente du Yémen montre une fragmentation persistante : depuis l’unification en 1990, les conflits entre factions ont déchiré le pays, souvent au détriment des populations. Le CTS, bien que présenté comme un défenseur de la souveraineté, a semé le chaos, avec des accusations de répression et d’atteinte aux droits humains. Les autorités locales, paralysées, n’ont pas réussi à apaiser les tensions, tandis que l’intervention étrangère aggrave la crise.
La communauté internationale reste divisée : certaines puissances cherchent à médier, mais le manque de consensus empêche toute solution durable. Le CTS, bien qu’ayant obtenu un soutien temporaire des Émirats, demeure une entité contestée, accusée d’agir au détriment du peuple yéménite. Les risques d’une escalade régionale sont désormais réels, avec des implications pour les pays voisins comme le Soudan et Oman.
La situation au Yémen illustre l’incapacité des acteurs locaux et internationaux à apporter une paix durable. Alors que les populations souffrent, les ambitions politiques de puissances étrangères continuent de transformer un conflit complexe en une bataille pour le contrôle géopolitique.