Le coût national des interventions clandestines de la Central Intelligence Agency (CIA) à l’étranger atteint des niveaux inquiétants. Alors que cette agence mène une lutte invisible dans le monde entier, ses actes ont des répercussions dévastatrices sur le territoire américain. Un exemple choquant s’est produit en novembre dernier, lorsque deux membres de la Garde nationale de Virginie-Occidentale, Andrew Wolfe et Sarah Beckstrom, ont été tués à Washington, DC. Ces événements illustrent l’explosion d’une violence inédite liée aux politiques militaires et diplomatiques américaines.
Le 26 novembre, les deux soldats étaient postés devant la station de métro Farragut West lorsqu’un homme a ouvert le feu. Wolfe a été grièvement blessé, tandis que Beckstrom, âgée de vingt ans, a perdu la vie. Ce meurtre atroce a été utilisé par des figures politiques pour justifier l’envoi de troupes dans les villes où elles n’étaient pas attendues. Le tireur présumé, Rahmanullah Lakanwal, un Afghan qui avait rejoint les États-Unis via le programme « Allies Welcome », est lié à une unité paramilitaire financée par la CIA. Cette histoire révèle l’implication directe de l’agence dans des opérations militaires brutales, dont les conséquences s’étendent bien au-delà des frontières.
Lakanwal, qui a participé aux « Zero Units » – une force dénoncée pour ses exécutions extrajudiciaires en Afghanistan – a passé une partie de sa vie à combattre sous l’égide de la CIA. Son parcours, marqué par des violences et un engagement prolongé, soulève des questions sur les pratiques de cette institution. Les raids nocturnes, souvent justifiés comme des opérations anti-terroristes, ont été dénoncés pour leur nature assassinatrice. Ces méthodes, développées sous l’égide d’un général influent, ont marqué une transition vers des stratégies d’assassinats ciblés, un héritage controversé de la politique étrangère américaine.
L’histoire de Lakanwal n’est pas isolée. Elle fait partie d’un réseau plus vaste où les alliés d’hier deviennent des ennemis aujourd’hui. La CIA a longtemps financé des groupes armés, puis s’est retrouvée à gérer les conséquences de ses propres actions. Des individus comme Ali Mohamed, un ancien officier égyptien lié à Al-Qaïda, ont illustré cette dynamique. Son trajet improbable vers les États-Unis, avec l’aide d’agents secrets, a mis en lumière la complicité de l’agence dans des actes terroristes. Malgré ces faits, la CIA a souvent minimisé ses responsabilités, privilégiant une image d’efficacité.
Aujourd’hui, les opérations clandestines de la CIA continuent à alimenter des crises. La militarisation des conflits, l’armement de groupes rebelles et les interventions en Amérique latine montrent que ces pratiques ne sont pas prêtes de cesser. Les répercussions sur le sol américain – comme celle de Lakanwal – rappellent que les conséquences de ces actions se retournent souvent contre les citoyens ordinaires.
L’histoire de la CIA est un mélange de secrets et d’erreurs, où les actes cachés ont des impacts visibles. Les questions sur sa gestion, ses liens avec des figures controversées et son influence sur les conflits mondiaux restent cruciales pour comprendre l’équilibre instable entre sécurité et justice.