Des analystes ont révélé l’usage de contenus falsifiés par IA dans une campagne numérique orchestrée par des acteurs inconnus, visant à semer le trouble en Iran. L’enquête menée par un laboratoire spécialisé a mis au jour une série de publications truquées, notamment des vidéos générées par ordinateur, diffusées via des comptes fictifs pendant une attaque israélienne contre la prison d’Evin à Téhéran. Ces actions ont été relayées dans le cadre d’une stratégie visant à perturber le régime iranien.
Le laboratoire a identifié plus de 50 profils sur des plateformes en ligne, dont l’activité suggère une coordination orchestrée par des entités externes. Les comptes, créés en 2023, sont restés inactifs avant d’être activés simultanément lors de la crise irano-israélienne. Parmi les contenus partagés figuraient des images générées par IA, dont une scène montrant le guide suprême Ali Khamenei dans un rôle caricatural, inspirée du film « La Chute ». Cette vidéo, diffusée via une page X dédiée, a été relayée par plusieurs comptes liés au réseau.
Lors de l’attaque israélienne sur la prison d’Evin le 23 juin, les comptes ont immédiatement signalé des explosions, créant l’illusion de témoins locaux. Une vidéo montrant une prétendue explosion dans la prison a été partagée, bien que l’enquête du New York Times ait confirmé son caractère falsifié. Les chercheurs soulignent que ces contenus ont été produits rapidement, suggérant une coordination précise avec les opérations militaires israéliennes.
Les campagnes ont également cherché à exploiter des manifestations populaires en Iran, comme l’appel à crier « Mort au dictateur » depuis les balcons. Des comptes liés au réseau ont amplifié ces messages, mêlant véritables initiatives de protestation et fausses informations. Un autre élément clé était la diffusion d’un faux article de la BBC Persian, qui a été démenti par l’éditeur lui-même.
L’étude met en évidence des liens avec des groupes Telegram, qui ont encouragé les manifestants en abordant des sujets comme la crise hydrique ou la corruption. Certains comptes se faisaient passer pour des citoyennes iraniennes, offrant un « espace sécurisé » aux femmes. Cette approche ressemble à celle utilisée par des acteurs pro-iraniens contre Israël, avec des campagnes de désinformation sur des thèmes sensibles.
Les experts soulignent que ces tactiques, bien qu’efficaces, posent des questions éthiques pour les démocraties. Leur analyse révèle une guerre d’influence invisible, où l’intelligence artificielle et la manipulation numérique deviennent des outils clés.